DUPONT
Olivier


Architecte D.P.L.G.

 

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T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.

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HISTORIQUE ...  

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UN PORT QUI S'ENCOMBRE

(...) La Communauté a des inquiétudes sur l’état de son port qui s’envase au XVIIIème siècle. En effet, autrefois, les eaux de la marée venaient dans les fossés de la ville et, au moment du reflux, avaient assez de force pour entraîner les vases et sables avec elles. Les afféagements ont eu pour conséquence le comblement des douves. Les eaux n’y pénétrant plus, le courant des reflux devient insuffisant. Dès 1720, un curage s’avère nécessaire. En 1753, la ville s’inquiète, la remontée des bateaux à Vannes devenant de plus en plus difficile, le commerce est, dit-elle, “ anéanti ”. Seules des barques de 10 tonneaux peuvent décharger sur les cales. Une commission, dirigée par La Sauvagère, ingénieur en chef à Port-Louis comprenant Magin et Chocat de Grandmaison, se rend à Vannes et remet un rapport dans lequel elle propose à tout le moins de curer les fossés, surtout celui de la Porte Saint-Vincent à la Tour-Prison, d’enlever les batardeaux, de supprimer le moulin des Lices, de construire deux écluses. Que de difficultés pour appliquer ces solutions : les afféagistes devaient être remboursés, expulsés et le marquis de Villaers, qui avait pris la ferme des moulins au Duc et des Lices en 1680, dédommagé. La ville n’a pas assez de moyens et les Etats, sollicités par bien d’autres cités, ont peu d’argent à accorder. Néanmoins, le roi accepte qu’ils allouent 30,000 livres en 1754.

aaa En 1755, les ingénieurs présentent les devis et plans des écluses de chasse et d’une digue de 140 toises pour redresser le chenal. On la prévoyait “ en chaussée ” et non en , “ quai ” ce qui ne coûterait que 25.000 livres au lieu de 60.000 livres. Mais bien que les Etats fournissent les fonds initiaux et que la ville en obtienne d’autres par la suite, cela ne suffit point. En 1773, la Communauté, s’appuyant sur un rapport de Mangin, demande des subsides pour nettoyer le port qui s’envase toujours. Les Etats de 1774, tout en reconnaissant le bien-fondé de leur demande, ne peuvent que renvoyer leur aide à des “ temps plus heureux ”. Il faut attendre 1776 pour que deux chalands arrivent de Lorient en pièces détachées. On s’était adressé à cette dernière afin qu’elle prêtât une machine à curer. Ni la municipalité ni la Marine ne souhaitaient se séparer d’un engin nécessaire à l’entretien des chenaux. Les ingénieurs firent par ailleurs valoir qu’il ne conviendrait pas aux besoins de Vannes. Aussi doit-on se contenter ici d’un équipement plus léger.

aaa La mauvaise qualité d’un port qui ne permet l’arrivée que de navires de faibles tonnages ajoute aux difficultés liées à la forte concurrence économique, à l’essor de Lorient qui dispute à la ville marchés et plat pays.

aaa Aussi, alors que Vannes, au début de l’époque moderne, était une ville ni mieux ni plus mal équipée qu’une autre, dont le plan ne tranchait pas avec celui des autres cités, la ville apparaît, à la veille de la Révolution, handicapée dans son développement urbain quand bien même elle a - surtout les dernières années - réussi à améliorer ses approches. (...)

 

"Vue de la ville épiscopale de Vannes" Lavis anonyme, vers 1750 - Arch. Dép. du Morbihan. Photo J.-F. Decker.L'AMENAGEMENT DES PLACES AU XVIII ème SIECLE

aaa Toute la ville a besoin d’espaces libres pour installer ses chantiers, tenir ses foires, ses marchés. Vannes ne possède pas de grands terrains non construits à l’intérieur des murs. Les quelques places que les citadins utilisent sont d’ampleur inégale. Elles ne sont que le simple élargissement correspondant à des rues convergentes, à des carrefours, ainsi de la petite place Saint-Pierre au sud de la cathédrale et des halles, ou encore de la place Main-lièvre aux débouchés des rues Saint-Salomon et des Chanoines (ou des Chants). La longue place des Lices, bordée d’un côté par les terrains de l’Hôtel de ville, du jeu de Paume et de l’hôtel de Rosmadec (XVIIIème ), de l’autre par la chapelle et le cimetière, donne, par la place du Poids-du-Roi, sur les anciennes douves qui entouraient le château et se continue à l’ouest par la place de la poissonnerie. L’existence de toutes ces places est ancienne, médiévale, et leur tracé irrégulier est caractéristique de lieux d’usage dont le dessin n’a pas été prévu. Hors les murs, la ville utilise des terrains où se tiennent les marchés principaux, dont les deux places contiguës aux débouchés des portes Notre-Dame et Salomon : la place dite du Marché et la place au Seigle.

aaa Le goût pendant la période modeme change, l’on aime les places, les promenades ordonnées, régulières, plantées d’arbres. Dès la fin du XVIIème siècle et au cours du XVIIIème la ville se dote de la promenade de la Garenne (1691) et de la “ Rabine ” (1718). Lieu de rencontre et d’exercice, la place d’Armes, bordée d’ormes d’un côté, jouxte la Garenne. La milice y évolue et les grandes fêtes s’y tiennent.


  • 1814 Ralliement enthousiaste des Vannetais aux Bourbons après l’abdication de Napoléon Ier.
  • 1824 Percement de la butte de Kérino et rectification du port.
  • 1825 Construction de la prison de Nazareth.
  • 1826 Fondation de la Société Polymathique du Morbihan.
  • 1835 Création de la Caisse d’épargne.
  • 1840 Construction de l’abattoir sur le plan de Charier père.
  • 1848 Effervescences limitées à un cercle restreint.
  • 1850 Inauguration du collège St- François-Xavier.
  • 1851 Ouverture d’ateliers de charité.
  • 1858 Réouverture du collège municipal sous le nom de “Petit Collège”.
  • 1859 Construction de la caserne de gendarmerie sur le Champ de Foire et faillite de la banque Crouan.

aaa Au cours du XIXème siècle, les travaux du port furent poursuivis, l’arasement de la butte de Kérino, achevé en 1830, permit de rendre le chenal rectiligne.

aaa Au sud, le bassin de l’avant-port, face à la porte St Vincent à laquelle un pont permettait d’accéder de l’extérieur, fut comblé en 1838 pour créer une place bordé par des maisons en hémicycle qui masquèrent complètement la vue imposante de l’enceinte fortifiée.

aaa Au nord, les fossés furent remblayés et les remparts furent cachés par les nouvelles constructions édifiées rue du Mené.

aaa A l’ouest, la création de la place de la république où fut élevé le Palais de Justice (terminé en 1870) se fit au détriment des remparts qui furent démolis .

809 - Vannes - Le Port et la Rabine. - Photo fin XIXè siècle. Mussée de la Cohue de VannesDéfilé militaire sur le port au début du XXè siècle. Collection Archives Municipales - Photo : Hubert Poupard.

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