DUPONT
Olivier
Architecte D.P.L.G.
T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.
TRACE
   
Sommaire:
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| HISTORIQUE ... |
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- 56 av. J.C.
Occupation du Vannetais par les Romains.
- Ie au IIe s. ap. J.C.
Développement de la ville antique.
- IIIe s. ap. J.C.
Repli sur le Mené et formation du castrum.
 aaa Dès la période préhistorique, une agglomération
sétait formée à lintersection de deux
courants commerciaux, au point de rencontre de la voie
maritime senfonçant profondément dans larrière
pays et de la voie terrestre qui, de temps immémorial, a
longé la côte méridionale de la Bretagne. Cest lantique
Vennes, capitale de la tribu des Vénètes.
aaa Conquise par Jules César en 56 avant Jésus
Christ, après une bataille navale au large du Golfe du
Morbihan, elle fut déplacée sur la colline de Mein
Guievre ( Le Mené) plus facilement défendable et
devint, sous le nom de Darioritum, un centre important où
convergent six voies romaines.
aaa Le nom de Darioritum apparaît pour la première
fois vers 140 dans une description de la Gaule du géographe
Ptolémée. Une phrase signale que le rivage au-dessous
des Ossimiens est occupé par les Vénètes dont la
capitale est Darioritum. Ce nom figure sur la carte de lempire
dite Table de Peutinger datant du IIIéme siècle.
Les grands axes Nantes-Brest et Rennes-Locmariaquer (agglomération
alors très importante) se croisent à Darioritum doù
parte également une voie vers Port-Louis et une voie
vers Angers.
aaa Ville ouverte sans fortification, Darioritum
fut autorisée par lempereur Probus, comme toutes
les villes de lempire, à élever une enceinte après
linvasion des barbares et leur défaite en 276. Cest
à cette époque que remontent les premiers remparts qui
formaient, daprès les vestiges subsistants en
plusieurs points, un triangle à pointes émoussées.
LE PORT ANTIQUE
aaa Le port marque
au sud la limite naturelle de la ville. Ultime
zone soumise au flux marin, cest aussi le
point de passage obligé de la voie littorale. Ce
port, ou plutôt cette simple zone déchouage
aux installations rudimentaires, nous le situons
dans lactuel quartier de la préfecture,
plus précisément à langle de la rue
Francis-Decker et de la rue Alain-Le-Grand.
aaa Une telle hypothèse, qui
suppose le recul dun kilomètre de la ligne
de rivage depuis lantiquité, peut
surprendre. Elle se fonde sur plusieurs témoignages
concordants.
aaa On observera en
premier lieu que, mille ans encore après la période
romaine, la limite de la ville fortifiée ne dépassait
guère le haut de la place des Lices. Lintégration
des quartiers bas des lices et de la poissonnerie
est due à une initiative ducale tardive, dans
une zone où se mêlaient encore le cours des
rivières et le flux de la mer. Une anecdote
rapportée par le chroniqueur Froissart le
rappelle : en 1395, le duc Jean IV et Olivier de
Clisson, sortant du couvent des Codeliers (situé
près de la rue Le-Hellec, face à lhôtel
des Postes) se trouvèrent sur le rivage et
entrèrent en un bastel et de là ils se
missent en une plus grande nef qui gisait à lancre
à lencontre de lembouchure de la mer
. La ligne de rivage se trouvait alors au
pied de lactuelle rue Noë. On conviendra
que plus dun millénaire avant, un navire
de faible tirant deau pouvait longer la
limite orientale de la colline du Mené et venir
séchouer dans le secteur du quartier Saint-Nicolas.
aaa Appuyant cette
thèse, lobservation archéologique atteste
que le niveau actuel du sol, dans ce quartier
Saint-Nicolas, est à plus de cinq mètres au-dessus
du niveau antique : vers 1900, lors de la
construction de limmeuble des anciennes
archives départementales, rue Alain-Le-Grand, il
fallut traverser six mètres de sédiments pour
en asseoir les fondations. Lanalyse, faite
par luniversité de Rennes, des horizons
traversés établit quil sagissait de
sédiments marins et continentaux. A proximité,
lors de la construction dun immeuble, un
niveau romain fut noté à une profondeur de six
mètres, à langle des rues Francis-Decker
et Alain-Le-Grand. Nos recherches récentes
confirment ces données et témoignent de la présence,
à quelques pas du proche rempart, dune
couche de plusieurs mètres de vase marine
occultant les niveaux anciens .
aaa La topographie
actuelle a donc oublié la réalité ancienne. Il
faut réinventer le dessin du rivage antique, aux
contours aujourdhui effacés par lapport
dalluvions continentales et maritimes. Le
comblement des fonds destuaires est un fait
trop connu pour quil soit nécessaire dattribuer
le recul du littoral à quelque changement du
niveau moyen de la mer, changement négligeable
depuis lépoque romaine .
aaa Cest donc
aux abords du quartier Saint-Nicolas quil
conviendrait, selon nous, de chercher le port de
Darioritum, signalé par Ptolémée au deuxième
siècle. A cet égard, les cotes relevées par lentrepreneur
qui construisit limmeuble des anciennes
archives départementales sont dignes du plus
grand intérêt : à 4,20m au-dessous du sol, il
avait observé les restes dun important
batardeau contre lequel était pressée de largile,
dominant dun mètre une couche de vase
marine épaisse de 0,60m, associée à du sable
et du naissain dhuîtres recouvrant le
rocher. Il est tentant dattribuer ce
batardeau aux restes dun quai. De récentes
découvertes confortent cette hypothèse .
aaa En 1979, de
nombreux débris céramiques ont été ramenés
de ce même niveau. Sans doute provenaient-ils de
cargaisons débarquées ici du premier au troisième
siècle. En arrière de ce quai sous
la chaussée de la place Général-de-Gaulle, des
vestiges de murs ont été observés en 1980.
Enfin, au sommet de la pente, ancienne falaise
qui gravissent les rues du Four et de la petite
Garenne, se trouvaient les entrepôts du premier
siècle, déjà évoqués, où étaient stockés
les produits dimportation. Les importants dépôts
dhuîtres, datés par des monnaies des IIIème
et IVème siècles, témoignent aussi de la
proximité du rivage.
aaa On voit combien
cette zone du quartier Saint-Nicolas et de la rue
Alain-Le-Grand paraît un point essentiel de la
ville antique. Zone de contact entre la mer et le
continent, mais aussi entre les deux collines qui
ont assuré lessor de la ville : Boismoreau
et Le Mené, séparées par lestuaire du
ruisseau de Rohan que franchissait un pont. Le gué
ou passage fut bien la première fonction du
quartier Saint-Nicolas. On comprend mieux, dans
cette topographie réimaginée, lintérêt
quil y eut à fortifier au Bas-Empire la
colline du Mené, dont le versant oriental,
aujourdhui empâté par vingt siècles dalluvionnement,
donnait alors à ces hauteurs lallure dune
véritable acropole. (...)
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