DUPONT
Olivier


Architecte D.P.L.G.

 

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T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.

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HISTORIQUE ...  

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Le site originel La ville de Darioritum au IIIè siècleLa ville de Vannes au XIVè siècleLa ville de Vannes en 1765


  • 56 av. J.C. Occupation du Vannetais par les Romains.
  • Ie au IIe s. ap. J.C. Développement de la ville antique.
  • IIIe s. ap. J.C. Repli sur le Mené et formation du “castrum”.

Table de PUETINGER - copie médiévale d'une carte peinte au Haute-Empire sur un portique de RomeExtention romaine de Vannes du 1er au Vè siècleaaa Dès la période préhistorique, une agglomération s’était formée à l’intersection de deux courants commerciaux, au point de rencontre de la voie maritime s’enfonçant profondément dans l’arrière pays et de la voie terrestre qui, de temps immémorial, a longé la côte méridionale de la Bretagne. C’est l’antique Vennes, capitale de la tribu des Vénètes.

aaa Conquise par Jules César en 56 avant Jésus Christ, après une bataille navale au large du Golfe du Morbihan, elle fut déplacée sur la colline de “Mein Guievre” ( Le Mené) plus facilement défendable et devint, sous le nom de Darioritum, un centre important où convergent six voies romaines.

aaa Le nom de Darioritum apparaît pour la première fois vers 140 dans une description de la Gaule du géographe Ptolémée. Une phrase signale que le rivage au-dessous des Ossimiens est occupé par les Vénètes dont la capitale est Darioritum. Ce nom figure sur la carte de l’empire dite “Table de Peutinger” datant du IIIéme siècle. Les grands axes Nantes-Brest et Rennes-Locmariaquer (agglomération alors très importante) se croisent à Darioritum d’où parte également une voie vers Port-Louis et une voie vers Angers.

aaa Ville ouverte sans fortification, Darioritum fut autorisée par l’empereur Probus, comme toutes les villes de l’empire, à élever une enceinte après l’invasion des barbares et leur défaite en 276. C’est à cette époque que remontent les premiers remparts qui formaient, d’après les vestiges subsistants en plusieurs points, un triangle à pointes émoussées.


LE PORT ANTIQUE


aaa Le port marque au sud la limite naturelle de la ville. Ultime zone soumise au flux marin, c’est aussi le point de passage obligé de la voie littorale. Ce port, ou plutôt cette simple zone d’échouage aux installations rudimentaires, nous le situons dans l’actuel quartier de la préfecture, plus précisément à l’angle de la rue Francis-Decker et de la rue Alain-Le-Grand.

aaa Une telle hypothèse, qui suppose le recul d’un kilomètre de la ligne de rivage depuis l’antiquité, peut surprendre. Elle se fonde sur plusieurs témoignages concordants.

aaa On observera en premier lieu que, mille ans encore après la période romaine, la limite de la ville fortifiée ne dépassait guère le haut de la place des Lices. L’intégration des quartiers bas des lices et de la poissonnerie est due à une initiative ducale tardive, dans une zone où se mêlaient encore le cours des rivières et le flux de la mer. Une anecdote rapportée par le chroniqueur Froissart le rappelle : en 1395, le duc Jean IV et Olivier de Clisson, sortant du couvent des Codeliers (situé près de la rue Le-Hellec, face à l’hôtel des Postes) se trouvèrent sur le rivage et “ entrèrent en un bastel et de là ils se missent en une plus grande nef qui gisait à l’ancre à l’encontre de l’embouchure de la mer ”. La ligne de rivage se trouvait alors au pied de l’actuelle rue Noë. On conviendra que plus d’un millénaire avant, un navire de faible tirant d’eau pouvait longer la limite orientale de la colline du Mené et venir s’échouer dans le secteur du quartier Saint-Nicolas.

aaa Appuyant cette thèse, l’observation archéologique atteste que le niveau actuel du sol, dans ce quartier Saint-Nicolas, est à plus de cinq mètres au-dessus du niveau antique : vers 1900, lors de la construction de l’immeuble des anciennes archives départementales, rue Alain-Le-Grand, il fallut traverser six mètres de sédiments pour en asseoir les fondations. L’analyse, faite par l’université de Rennes, des horizons traversés établit qu’il s’agissait de sédiments marins et continentaux. A proximité, lors de la construction d’un immeuble, un niveau romain fut noté à une profondeur de six mètres, à l’angle des rues Francis-Decker et Alain-Le-Grand. Nos recherches récentes confirment ces données et témoignent de la présence, à quelques pas du proche rempart, d’une couche de plusieurs mètres de vase marine occultant les niveaux anciens .

aaa La topographie actuelle a donc oublié la réalité ancienne. Il faut réinventer le dessin du rivage antique, aux contours aujourd’hui effacés par l’apport d’alluvions continentales et maritimes. Le comblement des fonds d’estuaires est un fait trop connu pour qu’il soit nécessaire d’attribuer le recul du littoral à quelque changement du niveau moyen de la mer, changement négligeable depuis l’époque romaine .

aaa C’est donc aux abords du quartier Saint-Nicolas qu’il conviendrait, selon nous, de chercher le port de Darioritum, signalé par Ptolémée au deuxième siècle. A cet égard, les cotes relevées par l’entrepreneur qui construisit l’immeuble des anciennes archives départementales sont dignes du plus grand intérêt : à 4,20m au-dessous du sol, il avait observé les restes d’un important batardeau contre lequel était pressée de l’argile, dominant d’un mètre une couche de vase marine épaisse de 0,60m, associée à du sable et du naissain d’huîtres recouvrant le rocher. Il est tentant d’attribuer ce batardeau aux restes d’un quai. De récentes découvertes confortent cette hypothèse .

aaa En 1979, de nombreux débris céramiques ont été ramenés de ce même niveau. Sans doute provenaient-ils de cargaisons débarquées ici du premier au troisième siècle. En arrière de ce “quai” sous la chaussée de la place Général-de-Gaulle, des vestiges de murs ont été observés en 1980. Enfin, au sommet de la pente, ancienne falaise qui gravissent les rues du Four et de la petite Garenne, se trouvaient les entrepôts du premier siècle, déjà évoqués, où étaient stockés les produits d’importation. Les importants dépôts d’huîtres, datés par des monnaies des IIIème et IVème siècles, témoignent aussi de la proximité du rivage.

aaa On voit combien cette zone du quartier Saint-Nicolas et de la rue Alain-Le-Grand paraît un point essentiel de la ville antique. Zone de contact entre la mer et le continent, mais aussi entre les deux collines qui ont assuré l’essor de la ville : Boismoreau et Le Mené, séparées par l’estuaire du ruisseau de Rohan que franchissait un pont. Le gué ou passage fut bien la première fonction du quartier Saint-Nicolas. On comprend mieux, dans cette topographie réimaginée, l’intérêt qu’il y eut à fortifier au Bas-Empire la colline du Mené, dont le versant oriental, aujourd’hui empâté par vingt siècles d’alluvionnement, donnait alors à ces hauteurs l’allure d’une véritable acropole. (...)

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