DUPONT
Olivier
Architecte D.P.L.G.
T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.
TRACE
   
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| HISTORIQUE ... |
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DU PONT-VERT A LA SENTIERE. LE
LAIS DE MER DE TRUSSAC
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aaa La même année, le conseil municipal décide dacquérir
de Thomé de Kéridec la portion restante de la butte de
Kérino, isolée dorénavant sur la rive droite du canal.
Très précisément, il sagit de nos jours du
terrain occupé par lEDF. La ville aurait-elle des
projets particuliers ? Il ne le semble pas. Mais pour
prolonger la Rabine elle a besoin dune partie de
ces terrains et elle acquiert donc lensemble. Larasement
de la partie proche du canal pour constituer la Rabine
sert à combler le bas de la butte (lEDF
actuellement) et à accroître en largeur la levée du
halage en aval, vers le futur pont de Kéravélo appelé
plus tard Pont-Vert (2).
aaa La municipalité espérait naïvement que le
lais de mer de Trussac serait aussi vite comblé que lavait
été le fond du port au pied de la porte Saint-Vincent.
Chaque Vannetais est invité à y déposer ses gravas.
Las... Le conseil municipal baisse les bras en 1856. A
peine un demi-hectare a été comblé, à hauteur de la
Sentière, et pourtant plus de 1000 francs ont déjà été
dépenses. Déjà en 1854 la ville a demandé une
prolongation du délai dassèchement. Cette fois,
elle demande une réduction en surface de la concession :
conserver un peu plus dun hectare et abandonner 6
autres. Autrement dit, se démettre de toute la surface
non nécessaire à lemprise de la Rabine. La
municipalité légitime sa demande par le fait quun
particulier envisage dutiliser le lais de mer comme
réserve hydraulique dune minoterie quil
souhaite construire à Kéravélo .

aaa Ce ne serait pas la première implantation dans
le secteur. Peu après avoir acquis le reste de la butte
de Kérino, la municipalité a concédé à un marchand
de bois, Peyron, environ 1000 mètres carrés du remblai
effectué au débouché du lais après la Sentière. Le
frère de celui-ci, négociant à Quimperlé, voudrait créer
un dépôt à Vannes. Il a fourni le chantier du Collège
Saint-François Xavier et il lui reste du bois quil
ne sait où entreposer. De surcroît, il attend un
prochain arrivage en provenance du port suédois de
Gothembourg destiné aux chantiers navals vannerais. En
établissant un dépôt sur le port de Vannes, ceux-ci ne
seraient plus tributaires des négociants nantais. Cest
pourquoi le 10 septembre 1852 le conseil municipal
accepte la concession. Lannée suivante, cest
une petite fonderie de pièces métalliques et de cuivre
quinstalle le Lorientais Le Masne, à proximité de
ce lieu. Ici encore, la fourniture aux chantiers navals
est avancée comme raison de létablissement. En
1856, deux fours à chaux sont en projet, toujours à cet
emplacement. Lun émanant du sieur le Bouticaut,
cultivateur, est refusé. Lautre, émanant dun
dénommé Muterse est accepté. Il est construit au débouché
sur la Rabine de lactuelle rue Ampère, à côté
de la concession Peyron .
aaa Le projet des Droual, père et fils, est détablir
à hauteur de Kéravélo une grande minoterie produisant
des moutures selon des procédés nouveaux,
mise en mouvement par les eaux de la mer, est accueilli
avec joie par le conseil municipal en 1854. Voici le clin
doeil du destin quil attendait depuis quil
se rend compte de limpossibilité de venir à bout
de lassèchement... Loccasion inespérée de
ne pas avoir à combler le lais de mer. Cest peu
dire que cest avec empressement que la municipalité
soutient le projet Droual. Elle entend se réserver lemprise
pour prolonger la Rabine, et si létat persiste,
elle veut bien encore, à la rigueur, établir à ses
frais le chemin de ceinture autour du lais. Laffaire
dure encore six années... La Marine exige le comblement
du lais et le préfet oppose à la mairie le devoir quelle
a de remblayer. Toutes les études reprennent de plus
belle, toutes les administrations sont encore invitées
à émettre des appréciations, à lever des plans etc...
Dans les années 1858-1859, personne ne sait plus les
pouvoirs dont il dispose, et chacun renvoie à lautre
les dossiers, le plus souvent incomplets et qui nécessitent
donc des compléments urgents. Les Droual eux-mêmes
refusent un bail de 3/6/9, trop court à leurs yeux en
raison de 80 000 francs que leur coûteront les travaux
envisagés. Au moment où, enfin, laffaire va
pouvoir se conclure, après que la ville eut été déçue
de la concession des 6 hectares non
comblés, les Droual annoncent en avril 1860 quils
renoncent à leur projet... Ils ont établi depuis une
autre minoterie au pied de létang au Duc et celle-ci
parait suffire à leur industrie. Par contre, maintenant
que lobligation dassécher le lais de mer a
finalement pu être levée, ils en demandent la
concession pour... dessécher !
aaa Retour à la case départ : le préfet, en colère,
demande aux ingénieurs de létat de faire un
nouveau projet dassèchement et de provoquer la
concession aux Droual .
aaa Mais on nest pas arrivé au bout du
grotesque. Au moment de laffaire Droual, les
administrations ont remis le nez, si lon peut dire,
dans le lais de mer de Trussac. Elles ont constaté que
le marchand de bois Peyron utilisait une partie de celui-ci
pour faire tremper ses bois. PEYRON devient soit lempêcheur
dassécher soit lempêcheur détablir
la réserve hydraulique de la minoterie. Il se retranche
derrière lacte de concession et plus encore derrière
un second acte de 1859 signé avec la mairie qui ne délimitait
pas avec une grande précision les terrains concédés
par elle. Il joue à merveille sur la confusion des lieux
(Rappelons quil ny a pas encore de numérotation
pour ces parcelles issues du domaine public maritime).
Jusquau jour où lon se rend compte que la
seconde concession est postérieure à la déchéance
prononcée contre la ville : celle-ci nayant pu
concéder un terrain qui ne lui appartenait pas, PEYRON
est sommé denlever ses bois sous la menace dune
contravention de grande voirie...
aaa Après enquête publique, le lais de mer étant
revenu dans le domaine public maritime depuis le 29
octobre 1857, ladjudication a lieu à la Mairie de
Vannes sous lautorité du préfet, le 19 juillet
1863. Le cahier des charges est strictement établi. Il
prévoit notamment les caractéristiques techniques de la
fermeture du lais à hauteur du Pont-Vert où existe déjà
une passerelle posée sur des culées en maçonnerie. A
ses frais, lacquéreur devra établir cette digue,
empierrer la chaussée sur laquelle la circulation sera
libre, céder à la ville de Vannes les emprises nécessaires
à la prolongation de la Rabine et enfin établir les
chemins de ceinture du lais où la circulation sera aussi
libre. Le délai accordé pour les travaux est cette fois
ramené à trois années (3). La mise à prix est de 1260
francs. Deux acquéreurs sont intéressés : un dénommé
Dufour et un sieur Le Masson. Joseph Le Masson est parent
par sa femme, Marie-Françoise Le Boulicaut de ce
cultivateur qui souhaitait établir un four à chaux près
de la Sentière en 1856, et par ailleurs propriétaire de
terrains près du Pont-Vert. Le Masson lui-même a racheté
à Le Masne la concession de la fonderie établie en 1853
à la Sentière. Au bout de 70 coups de marteau, les enchères
étant montées à 5 525 francs, Joseph Le Masson devient
adjudicataire du lais de mer de Trussac.
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