DUPONT
Olivier
Architecte D.P.L.G.
T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.
TRACE
   
Sommaire:
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- page 2
- page 3
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| HISTORIQUE ... |
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DU PONT-VERT A LA SENTIERE. LE
LAIS DE MER DE TRUSSAC
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aaa Imaginons quelques instants que nous soyons à
bord dun navire arrivant à Vannes en 1819... Au
sortir du goulet qui sépare Moréac de Langle, où nous
fûmes plus poussés par le courant que par les vents qui
y tournent en tous les sens, nous laissons à notre
gauche la rivière du Vincin et lIle de Conleau
couverte de landes doù émerge la modeste masure
du passeur, et à notre droite la pointe de Barrarach
dominée par la maison dite des douaniers. Le vent
reprend alors sa vigueur et sa régularité pour nous
pousser à bonne vitesse dans la grande baie qui souvre
devant notre étrave. En quelques minutes, nous avons
prudemment contourné la perche qui marque la jonction du
chenal de Vannes avec celui qui mène à Cantizac près
de Séné. Bientôt nous sommes au pied de la pointe des
Emigrés dont le nom rappelle lexécution en ce
lieu de quelques dizaines de Blancs faits prisonniers
dans les dunes de Carnac et jugés à Vannes en 1795. Souvre
alors à nos regards une nouvelle baie profondément étendue
au nord de ce promontoire, la baie de lHermitage.
Elle sétend jusquà un petit vallon où se
jette un ruisseau venu du village de Cliscouët dont on
devine les maisons. Le fond de cette baie fort envasée
est tapissé de marais-salants qui ne semblent plus connaître
une grande activité. Mais gare au cap à suivre ! Le
capitaine qui tirerait droit de la Pointe des Emigrés
vers le goulet de Kéravélo séchouerait avant dy
arriver. Dès la pointe des Emigrés, les perches de bois
fichées dans la vase nous font faire un grand virage sur
notre droite, presquà toucher la côte Est de la
baie , dont les terres appartiennent au marquis le
Mintier de Lehelec . Nous saluons au passage les petits
hameaux de Kerbourbon, Arcal, et Larmor avec sa chapelle
accoudée au grand mur de pierres qui enclos cette
ancienne seigneurie .
aaa La baie se resserre brusquement en un goulet de
300 mètres de long et large dà peine soixante
dans sa partie la plus étroite : à gauche, la métairie
de la Chevinière, domine la passe du haut de la colline
de Kéravélo ; à droite, derrière le sommet de la
hauteur au flanc de laquelle se tient Larmor, on devine
les toitures du manoir de Kérino. De part et dautre,
landes et prairies entrecoupées de labours sachèvent
brutalement au-dessus dune falaise de deux mètres
de haut, dominant de longues plages de sable parsemées
de gros rochers. Le capitaine peste et lâche une bordée
de jurons. Comme toujours, arrivé au Corbeau, cette
roche qui affleure à marée haute au pied de la colline
de Larmor, le vent douest, masqué par la colline
de Kéravélo nous fait défaut. Il fait mettre une
annexe à leau tandis que le reste de léquipage
pèse de tout son poids sur de longues perches pour
soulager leffort des rameurs. Quand donc,
bougonne le capitaine, se décidera-t-on a achever le
percement de la butte de Kérino et à établir un chemin
de halage ?... En effet, ce rétrécissement débouche
sur lanse de Trussac, presquentièrement fermée
sur la droite par un mamelon dune douzaine de mètres
daltitude qui senfonce dans leau en
pente douce et arrondie, et quil faut contourner.
Sur notre gauche nous longeons les prairies qui
descendent dune ample colline et sachèvent
sur la plage. Nous passons à toucher le hameau du Rodu
puis le manoir du Rumor. Nous voici au pied du village de
Trussac étagé sur la colline escarpée qui semble clore
cette anse. Derrière les maisons, on aperçoit la haute
toiture du manoir de Creisquer. La proximité de la ville
se fait Sentir : sur le chemin qui borde leau
devant le manoir du Rumor, une charrette tirée par deux
boeufs charge des tonneaux de vin débarqués dun
navire échoué dans la vase, sans doute pour éviter les
droits de port et les taxes de loctroi... On devine
au fond lechemin qui relie le port de Vannes à
Trussac. Après avoir traversé Trussac, il descend le
long du vallon au fond duquel coule un ruisseau, longe lanse
jusquau Rodu puis escalade lample colline
pour aller desservir lHermitage, Cliscouët, les
Salines et sachever à Conleau. Au pied de Trussac,
lanse oblique brusquement à droite en se rétrécissant
pour contourner la butte de Kérino maintenant plus
escarpée. A gauche, un sentier descend jusquà la
mer. A mi-pente, des femmes lavent du linge dans une mare
alimentée par une fontaine, quelles étendent dans
les hautes herbes de la prairie de la Sentière. Immédiatement
après, nous longeons le mur du jardin de la Sentière,
et après un ultime virement à angle droit, le port de
Vannes soffre brutalement à nos regards ... Sa
rectitude nous surprend après les méandres et le
passage tortueux que nous venons demprunter. Enfin,
va-t-on pouvoir passer un bout à terre et se faire déhaler.
Mais le début nest pas aisé : une simple langue
de terre simmisce entre le rivage et le mur de
pierre de la Sentière sur lequel vient sachever la
promenade de la Rabine à une centaine de mètres en
amont. Alors débute le perré incliné et beaucoup plus
loin le quai vertical où nous accosterons. Sur lautre
rive a été établie depuis peu une longue levée de
terre qui, de la Brulonnière, vient sachever en
face de la Sentière. Derrière cette levée, leau
pénètre encore à marée haute et vient border le
chemin qui longe le pied de la colline de Calmont et sen
va vers Kérino. À lextrémité du port, toujours
sur notre droite, se dressent les carcasses des navires
en construction devant les maisons de la rue du Commerce.
Au fond, la porte Saint-Vincent nest bâtie que sur
sa gauche par des maisons masquant le bastion de Ker. Au
loin, limposante toiture de lancien palais épiscopal
de la Motte domine la ville et ferme lhorizon.
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