DUPONT
Olivier


Architecte D.P.L.G.

 

Ecrire


T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.

TRACE

SOMMAIREPage précedentePage suivantePage de présentation du T.P.F.E.


Sommaire:

- page 1
-
page 2
-
page 3
-
page 4


HISTORIQUE ...  

1/4

 

 DU PONT-VERT A LA SENTIERE. LE LAIS DE MER DE TRUSSAC


Octobre 1749 : " La Marguerite", navire négrier vannetais, est ,ici, abordée par un "Chèbec", navire corsaire algerien, un large des Côtes du Portugal (dessin de K. Naslain).aaa Imaginons quelques instants que nous soyons à bord d’un navire arrivant à Vannes en 1819... Au sortir du goulet qui sépare Moréac de Langle, où nous fûmes plus poussés par le courant que par les vents qui y tournent en tous les sens, nous laissons à notre gauche la rivière du Vincin et l’Ile de Conleau couverte de landes d’où émerge la modeste masure du passeur, et à notre droite la pointe de Barrarach’ dominée par la maison dite des douaniers. Le vent reprend alors sa vigueur et sa régularité pour nous pousser à bonne vitesse dans la grande baie qui s’ouvre devant notre étrave. En quelques minutes, nous avons prudemment contourné la perche qui marque la jonction du chenal de Vannes avec celui qui mène à Cantizac près de Séné. Bientôt nous sommes au pied de la pointe des Emigrés dont le nom rappelle l’exécution en ce lieu de quelques dizaines de Blancs faits prisonniers dans les dunes de Carnac et jugés à Vannes en 1795. S’ouvre alors à nos regards une nouvelle baie profondément étendue au nord de ce promontoire, la baie de l’Hermitage. Elle s’étend jusqu’à un petit vallon où se jette un ruisseau venu du village de Cliscouët dont on devine les maisons. Le fond de cette baie fort envasée est tapissé de marais-salants qui ne semblent plus connaître une grande activité. Mais gare au cap à suivre ! Le capitaine qui tirerait droit de la Pointe des Emigrés vers le goulet de Kéravélo s’échouerait avant d’y arriver. Dès la pointe des Emigrés, les perches de bois fichées dans la vase nous font faire un grand virage sur notre droite, presqu’à toucher la côte Est de la baie , dont les terres appartiennent au marquis le Mintier de Lehelec . Nous saluons au passage les petits hameaux de Kerbourbon, Arcal, et Larmor avec sa chapelle accoudée au grand mur de pierres qui enclos cette ancienne seigneurie .

ANSE DE TRUSSAC VERS 1610 avec le tracé du percement de la butte de Kérino.aaa La baie se resserre brusquement en un goulet de 300 mètres de long et large d’à peine soixante dans sa partie la plus étroite : à gauche, la métairie de la Chevinière, domine la passe du haut de la colline de Kéravélo ; à droite, derrière le sommet de la hauteur au flanc de laquelle se tient Larmor, on devine les toitures du manoir de Kérino. De part et d’autre, landes et prairies entrecoupées de labours s’achèvent brutalement au-dessus d’une falaise de deux mètres de haut, dominant de longues plages de sable parsemées de gros rochers. Le capitaine peste et lâche une bordée de jurons. Comme toujours, arrivé au Corbeau, cette roche qui affleure à marée haute au pied de la colline de Larmor, le vent d’ouest, masqué par la colline de Kéravélo nous fait défaut. Il fait mettre une annexe à l’eau tandis que le reste de l’équipage pèse de tout son poids sur de longues perches pour soulager l’effort des rameurs. “Quand donc, bougonne le capitaine, se décidera-t-on a achever le percement de la butte de Kérino et à établir un chemin de halage ?”... En effet, ce rétrécissement débouche sur l’anse de Trussac, presqu’entièrement fermée sur la droite par un mamelon d’une douzaine de mètres d’altitude qui s’enfonce dans l’eau en pente douce et arrondie, et qu’il faut contourner. Sur notre gauche nous longeons les prairies qui descendent d’une ample colline et s’achèvent sur la plage. Nous passons à toucher le hameau du Rodu puis le manoir du Rumor. Nous voici au pied du village de Trussac étagé sur la colline escarpée qui semble clore cette anse. Derrière les maisons, on aperçoit la haute toiture du manoir de Creisquer. La proximité de la ville se fait Sentir : sur le chemin qui borde l’eau devant le manoir du Rumor, une charrette tirée par deux boeufs charge des tonneaux de vin débarqués d’un navire échoué dans la vase, sans doute pour éviter les droits de port et les taxes de l’octroi... On devine au fond lechemin qui relie le port de Vannes à Trussac. Après avoir traversé Trussac, il descend le long du vallon au fond duquel coule un ruisseau, longe l’anse jusqu’au Rodu puis escalade l’ample colline pour aller desservir l’Hermitage, Cliscouët, les Salines et s’achever à Conleau. Au pied de Trussac, l’anse oblique brusquement à droite en se rétrécissant pour contourner la butte de Kérino maintenant plus escarpée. A gauche, un sentier descend jusqu’à la mer. A mi-pente, des femmes lavent du linge dans une mare alimentée par une fontaine, qu’elles étendent dans les hautes herbes de la prairie de la Sentière. Immédiatement après, nous longeons le mur du jardin de la Sentière, et après un ultime virement à angle droit, le port de Vannes s’offre brutalement à nos regards ... Sa rectitude nous surprend après les méandres et le passage tortueux que nous venons d’emprunter. Enfin, va-t-on pouvoir passer un bout à terre et se faire déhaler. Mais le début n’est pas aisé : une simple langue de terre s’immisce entre le rivage et le mur de pierre de la Sentière sur lequel vient s’achever la promenade de la Rabine à une centaine de mètres en amont. Alors débute le perré incliné et beaucoup plus loin le quai vertical où nous accosterons. Sur l’autre rive a été établie depuis peu une longue levée de terre qui, de la Brulonnière, vient s’achever en face de la Sentière. Derrière cette levée, l’eau pénètre encore à marée haute et vient border le chemin qui longe le pied de la colline de Calmont et s’en va vers Kérino. À l’extrémité du port, toujours sur notre droite, se dressent les carcasses des navires en construction devant les maisons de la rue du Commerce. Au fond, la porte Saint-Vincent n’est bâtie que sur sa gauche par des maisons masquant le bastion de Ker. Au loin, l’imposante toiture de l’ancien palais épiscopal de la Motte domine la ville et ferme l’horizon.

< Suite ... >

HAUT