DUPONT
Olivier
Architecte D.P.L.G.
T.P.F.E.
UN HAVRE URBAIN...
... : le port de Vannes.
TRACE
   
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| HISTORIQUE ... |
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DU PONT-VERT A LA SENTIERE. LE
LAIS DE MER DE TRUSSAC
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aaa On mesure à quel point le contournement en baïonnette
de la butte de Kérino rendait malaisé laccès au
port. Point de vent ou bien des vents fous, point de
halage, peu de profondeur au nord de lanse. Cest
pourquoi les États de Bretagne décident en 1760 - Le
Duc dAiguillon étant gouverneur - de percer un
canal au travers de la butte de Kérino. On le sait, le
18ème siècle est une période de grands travaux en matière
de circulation terrestre et maritime. Le tracé de la rue
du Roulage sur les marécages de lenclos des
Dominicains pour éviter la traversée de la colline
Saint-Patern a été techniquement conçu par le jeune
corps des ingénieurs des Ponts-etChaussées. Il est
probable que ceux-ci ont également réalisé le projet
du percement de Kérino, qui, rappelons le, nest
pas laffaire de la Communauté de Ville. Faute de
preuves certaines, il semble bien que des travaux aient
été entamés avant, la Révolution. Le cadastre de 1807
présente lébauche dun canal de 60 mètres
de long en amont de la butte, mais pas à lemplacement
du canal actuel. Peut-être en raison de laltitude
de la butte, ce premier percement a lieu là où se situe
aujourdhui lEDF. En 1809, les travaux sont
repris et ce premier canal est prolongé de 70 mètres en
aval. Il ne restait plus quune soixantaine de mètres
pour achever le percement. Les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées
ont-ils alors estimé insatisfaisants les travaux
entrepris ? Le percement est abandonné et le 4 novembre
1820 a lieu ladjudication des travaux pour le canal
daccès que nous connaissons aujourdhui.
Trois années sont nécessaires pour mener le projet à
son terme. La butte est percée sur 200 mètres de
longueur à partir du port. Avec les déblais, on comble
le débouché de lanse de Trussac à hauteur de la
Sentière et lon prolonge le halage de la rive
droite par une levée de terre de 190 mètres en aval de
la butte de Kérino, allant presque rejoindre la butte de
Kéravélo (l). Un halage est également ,établi sur la
rive gauche du canal, que lon relie à la levée de
terre qui, venue de la Brulonnière, sachève en
face de la Sentière. Le remblai constitué entre cette
levée et le pied de la butte de Calmont permettra vers
1830 aux chantiers navals de quitter le fond du port.
Ainsi lanse de Trussac devient elle un bras mort où
la marée continue à pénétrer mais que labsence
de courant conduit à lenvasement.
aaa Que
devient alors lancien chenal appelé à partir de
cette époque lancien lais de mer de Trussac
? Il appartient au domaine public maritime, et cest
donc à ladministration des Domaines que sadresse
le maire, François-Marie Le Mintier de Lehelec, pour en
obtenir la concession à la suite de la délibération du
conseil municipal du 27 octobre 1824. La ville se propose
dacquérir à un franc lhectare les quelques
7,25 hectares de ce lais. Son souhait est de prolonger
jusquà Kéravélo la promenade de la Rabine qui
pour lheure sarrête juste avant la Sentière.
Autrement dit, élargir la simple levée de terre qui
jouxte le nouveau canal et en constitue le chemin de
halage. Daccord sur le prix, le directeur des
Domaines impose cependant la construction dune
digue de 60 mètres de long et de 4m de haut pour fermer
la passe du lais et joindre ainsi à Kéravélo lextrémité
aval du halage. Alors sera-t-il possible dentreprendre
lassèchement de lancien lais dont les terres
obtenues, fiscalement assimilées aux landes, deviendront
imposables au bout de 20 ans?
aaa En réalité, il faut attendre 1865, soit plus
de quarante années après le percement de la butte, pour
que soit entrepris le dessèchement du lais de mer de
Trussac... Ce ne sont pas des questions techniques qui
rendent complexe cette affaire mais des problèmes
juridiques et de procédures. Techniquement, il suffit de
prévoir sous la levée de terre ou sous le pont un système
à clapets permettant à basse mer aux eaux accumulées
venues du ruisseau de Trussac de sévacuer, et
interdisant à la marée dy pénétrer. Gardons-nous
dapprécier le temps quil faut au projet pour
se réaliser comme le résultat dune simple lenteur
administrative ou du malin plaisir que trouverait ladministration
à embrouiller les choses : nous ferions là un
contresens anachronique. Toute la difficulté vient de la
propriété publique du lais de mer. Comment létat
peut-il céder ses droits à une collectivité locale ou
à des particuliers ? La loi de 1807 sur le dessèchement
des marais impose des règles quil convient de
respecter ; la loi de 1841 relative à lutilité
publique pose encore dautres questions, etc... Nous
sommes là au coeur dun débat fondamental des années
1825-1850, dans la société française. Cest
progressivement que se met en place la législation.
Pratiquement toutes les administrations ont leur mot à
dire sur la cession, des Finances qui estiment le prix,
aux Ponts-et-Chaussées qui lèvent les plans et doivent
garantir la navigation, en passant par lIntérieur
qui règle les droits deau, le génie maritime etc...
Ainsi, à titre dexemple, le directeur des
Fortifications doit-il se prononcer sur le danger ou lopportunité
de constituer une réserve deau susceptible dinonder
la ville en cas dattaque étrangère. Et il faudra
plusieurs arrêts du Conseil dÉtat pour décider sil
y a lieu deffectuer une cession a prix fixe ou une
vente aux enchères.
aaa En 1848, la ville obtient enfin la concession
au prix de 175 francs, mais assortie dun cahier des
charges stipulant deux points importants.
aaa Dune part, la ville doit assécher le
lais de mer en 10 ans, sous peine de déchéance.
aaa Dautre part, elle doit le ceinturer dun
chemin de 6 mètres de large à prendre sur la concession,
pour desservir les propriétés riveraines. Cest
ainsi que naîtront, plus tard, la ruelle du Pont-Vert
jusquà son débouché au Rodu sur le chemin de
Trussac, la rue de la Fonderie, la rue Philippe Le Bon
depuis la chapelle Sainte-Anne jusquà la Rabine.
Mis à part quelques dizaines de mètres de cette rue
avant son croisement avec la rue Ampère, ces voies délimitent
aujourdhui parfaitement lancien lais de mer
de Trussac. Leur bordure extérieure au lais était la
limite atteinte par les plus hautes marées déquinoxe.
La brusque remontée de la rue Philippe Le Bon, juste après
lEDF, montre bien la construction artificielle, en
remblai, de la Rabine depuis ce point précis où elle sest
raccrochée à la butte de Kérino jusquau Pont-Vert
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